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Entre histoire et dessin

Par ses dessins à l’aveugle, James Culleton entend reconquérir le passé

Posted: 10/26/2013 6:30 AM | Comments: 0

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Dessinateur, peintre, designer et musicien, James Culleton est de ceux qui dissimulent une quantité incroyable de connaissances et de savoir-faire.

Car le jeune homme a une passion: la création artistique.

Peu importe le domaine, du moment que cela stimule son inventivité. Concepteur de chaises et de canapés pour la multinationale Palliser Furniture, sculpteur des guitares en fer qui surplombent le West End Cultural Centre à Winnipeg, James Culleton vient aussi d’enregistrer son quatrième album intitulé Memento, peu de temps après la parution de Lyrical Lines, un ouvrage en hommage à la vitalité de la scène musicale winnipégoise.

Hétéroclite, c’est donc ce qui caractérise avant tout le travail de ce jeune homme bouillonnant d’énergie et de créativité. Aventureux aussi, car depuis maintenant dix ans James Culleton ne jure que par une technique pour le moins originale: le dessin à l’aveugle. Depuis 2002, cet artiste s’arme en effet d’un crayon pour mieux représenter le monde qui l’entoure. Il le dessine fixement, en s’interdisant de jeter un coup d’œil au croquis qui naît de son tâtonnement.

"C’est une technique que j’aime particulièrement parce qu’elle est rapide et fluide," explique James Culleton. "Les lignes sont incertaines mais on peut toujours deviner le modèle. C’est comme le cliché de ce que l’on voit."

Et de fait, le dessin aveugle présente cette particularité de ne pas dissocier le temps de l’observation du temps de la représentation. Tout se passe dans l’instantané, le temps d’un regard et d’un coup de crayon.

Cet art, James Culleton le met depuis plusieurs années au service de l’histoire. De son histoire en particulier. En 2004, il s’envolait en effet jusqu’à Montréal afin de retrouver ses racines maternelles.

"Toute une partie de ma famille a été élevée à Saguenay au Québec," raconte James Culleton. "C’est une part de mon histoire avec laquelle j’ai développé peu de liens. Mon objectif était donc de renouer contact avec mon passé et de réaffirmer mon identité francophone."

Pour ce faire, la démarche de cet artiste a été d’une rigueur remarquable.

"Pour écrire l’histoire des membres de ma famille québécoise," explique-t-il, "j’ai été à l’écoute des différentes histoires et anecdotes racontées à leur sujet. Je me suis aussi rendu sur les lieux et paysages qu’ils avaient traversés. Et systématiquement, j’immortalisais ce que je voyais et entendais par le dessin."

Comble du dessin à l’aveugle, James Culleton s’est donc engagé dans la représentation de scènes passées dont il ne pouvait être le spectateur.

"J’ai finalement regroupé tous mes dessins dans un livre intitulé Contouring Québec," précise James Culleton. "Au cours de la lecture, c’est comme si on grandissait avec mes grands-parents jusqu’à ma naissance à Winnipeg qui vient conclure l’ouvrage."

Un véritable retour aux origines donc, réalisé à travers le dessin d’un vaste portrait de famille. Comme une façon de remonter le temps et de plonger le lecteur dans une époque révolue.

Toujours habité par cette soif de déchiffrer le passé, James Culleton s’est lancé cet automne dans un projet d’une toute autre envergue. Au Dakota du Nord, le jeune artiste a en effet choisi de partir sur les traces de Margery McCanna, dont les ancêtres sont à l’origine de la ville du même nom. Dans un projet monté en collaboration avec le Musée d’art du Dakota du Nord, James Culleton s’engage ainsi à restituer à travers ses dessins à l’aveugle l’histoire singulière de cette femme décédée en 2010.

"À sa mort, Margery a choisi de léguer sa maison toute entière aux artistes de la région," raconte James Culleton. "Elle voulait que sa demeure devienne un lieu de création et de rassemblement et c’est pour cette raison que nous avons décidé de lui rendre hommage.

"Retracer l’histoire d’une telle femme est un travail passionnant," confie-t-il. "Je me suis aventuré dans la ville de McCanna pendant un mois pour y découvrir les résidants, les villages alentour et les musées de la région. Pour comprendre l’histoire de cette ville et en particulier de la maison McCanna, j’ai même eu l’opportunité de me plonger dans les lettres échangées entre les différents membres de la famille de Margery. Désormais quand j’aperçois cette maison presque centenaire j’imagine les personnes qui y ont vécu, comme si je les connaissais."

Plongé dans ce travail d’artiste-historien, James Culleton poursuivra son enquête au printemps prochain avant d’être exposé au Musée d’art du Dakota du Nord. Un moyen original de scruter l’histoire à travers un regard d’artiste et d’immortaliser son travail sur des croquis plutôt que dans des documentaires écrits.

 

— de La Liberté pour le Free Press

presse5@la-liberte.mb.ca

 

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