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Une réconciliation historique

Le dévoilement de la cloche de Batoche, le 20 juillet prochain, sera l’occasion d’une messe de réconciliation inédite entre l’Église et les Métis.

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I dans l’histoire, l’Église catholique n’a pas toujours tendu la main aux Métis, l’évêque de Prince Albert en Saskatchewan, Monseigneur Albert Thévenot, originaire de Somerset au Manitoba, a vu dans le retour de la cloche à Batoche, le 20 juillet prochain, l’opportunité inédite de réparer les erreurs passées. Il animera donc la toute première messe de réconciliation entre les Métis et l’Église catholique.

"Si on retourne en 1885," raconte le doyen de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, Guy Savoie, "le curé de Batoche ne voulait à ce moment-là pas de bataille. Il avait donc dit que l’Église refuserait les sacrements à tous ceux qui voudraient la bataille.

"Les Métis se sont donc vu refuser les sacrements de l’Église catholique," poursuitil, "ce qui a créé un schisme, surtout chez les hommes. Les femmes métisses continuaient à être très religieuses, mais pas les hommes. Eux se sont alors souvent détournés de l’Église pour aller vers une foi plus naturelle dans la tradition des Autochtones plutôt que des Blancs."

Près de 130 ans plus tard, lors d’une messe célébrée le 20 juillet prochain à Batoche par Mgr Albert Thévenot, l’Église catholique reconnaîtra ses fautes envers le peuple Métis dans l’espoir d’une réconciliation.

"C’est la première fois qu’une telle cérémonie de réconciliation de l’Église envers les Métis aura lieu, souligne Mgr Albert Thévenot. Il était temps de réparer l’histoire et de se réconcilier, tout comme on a réparé la cloche de Batoche pour la faire sonner à nouveau.

"J’ai voulu profiter de l’occasion du retour de la cloche," précise-t-il, "car avec sa fente due à un incendie, elle est un bon symbole de la relation entre les Métis et l’Église et du lien qu’on voudrait recréer entre nous. Tout comme la cloche va sonner malgré sa fente, je souhaite que l’Église et les Métis se réconcilient malgré les blessures de l’histoire et que la cloche rappelle ces derniers à la prière, comme au temps de Louis Riel."

Cette messe de réconciliation, qui est une idée de l’évêque de Prince Albert avec l’appui des évêques de la Saskatchewan et du Manitoba, est d’autant plus importante pour ce dernier que "je suis moi-même Métis," confie Mgr Albert Thévenot. "J’ai donc pensé qu’il serait bon de remettre tout le monde sur la bonne route et de tendre la main à ce peuple qu’on a délaissé.

« Cette célébration ne résoudra pas tout, admet-il, mais ça nous mettra sur la voie. C’est un pas en avant."

Pour sa part, Guy Savoie assure qu’il a « épousé l’idée de Mgr Albert Thévenot immédiatement quand il nous en a parlé », de même que la très grande majorité des Métis.

"L’Église comme les Métis sont prêts à ravoir la cloche et à se réconcilier," affirme Guy Savoie. "Je ne crois pas que ce sera difficile pour nous car les souffrances que l’Église nous a causées sont tout de même moindres que celles que le gouvernement nous a infligées."

Le doyen remarque par ailleurs que si la cloche représente bien la réconciliation entre le peuple métis et l’Église catholique, elle symbolise aussi "la réconciliation des Métis entre eux. C’est un évènement qui dépasse le seul religieux. Il est grand temps d’une nouvelle ère d’unité et de fierté entre les Métis!" conclut-il.

C’est pourquoi les Métis de partout au Canada sont invités à Batoche la fin de semaine des 20 et 21 juillet prochains, pour prendre part à cette messe de réconciliation.

Republished from the Winnipeg Free Press print edition July 6, 2013 A20

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Updated on Saturday, July 6, 2013 at 9:32 AM CDT: Fixes French characters.

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