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Winnipeg Free Press - PRINT EDITION

Nouveau marché au Nord

La firme de traduction Parenty Reitmeier est la première profiter des opportunités de traduction qu'offre le Nunavut.

Alors que l'entreprise de traduction manitobaine basée Saint-Boniface, Parenty Reitmeier, célébrait le 8 novembre dernier ses 20 ans d'existence, la firme a planté son dernier drapeau en date dans le Nord. En effet, depuis novembre 2011, Parenty Reitmeier développe une expertise dans la traduction de documents en langues inuites du Nunavut.

"Depuis l'automne 2011, je suis responsable de développer ce nouveau marché de A Z," explique le directeur de planification d'entreprise de Parenty Reitmeier, Hitesh Raval. C'est un ancien collègue et ami, vice-président de la firme de consultation d'entreprise AGLU au Nunavut, Louis Dornez, qui m'a signalé qu'il y avait une grande demande de traduction dans le Nord et que personne ne regardait ce marché.

"J'ai donc proposé la copropriétaire de Parenty Reitmeier, Diane Reitmeier, de développer ce marché du Nunavut, et elle m'a donné le feu vert," se réjouit-il.

Dès sa première visite exploratoire au Nunavut en novembre 2011, Raval a pu constater les opportunités pour sa firme de traduction de Saint-Boniface. En effet, il rapporte que le gouvernement territorial venait d'adopter une loi disant que, "tout ce qui se passe dans le Nord doit se passer dans ses langues officielles, l'anglais, l'inuktitut et l'inuinnaqtun."

Or, "aucun organisme de traduction dans le Nord n'était assez gros et organisé pour répondre toute cette demande," affirme Raval.

L'intér�t du marché était donc évident pour Parenty Reitmeier, d'autant plus que les perspectives économiques dans le Nord sont bonnes gr¢ce au secteur minier.

"C'était important de se placer dans ce marché, car de plus en plus de compagnies extérieures veulent s'implanter dans le Nord et exploiter les mines, mais un accord avec le fédéral exige la traduction de tous leurs documents en langues inuites," indique Raval. "C'est donc davantage d'opportunités de contrats pour nous!"

Le développement du marché du Nunavut pose tout de m�me plusieurs défis. D'abord, rien ne garantissait que Parenty Reitmeier obtienne les contrats.

"Le gouvernement donne la priorité aux compagnies inuites locales," explique Raval. "Mais comme nous sommes partenaires d'AGLU, qui nous aide avec notre marketing et notre recrutement de traducteurs, et qu'on a une grande expertise, on a pu décrocher les contrats! C'est la première fois Parenty Reitmeier qu'on a un tel partenariat d'affaires."

Un autre défi est de dénicher des traducteurs. "La langue inuite commence juste �tre enseignée dans les écoles du Nunavut," raconte Raval. "On se trouve donc avec toute une génération adulte qui ne connaÆt que l'anglais," Les traducteurs en inuinnaqtun sont les plus difficiles trouver, car cette langue est moins répandue que l'inuktitut.

Enfin, "il y a une dizaine de dialectes dans la langue inuktitut, et le gouvernement n'a pas encore décidé lequel était officiel," ajoute Raval. "Pour le moment, on doit donc répondre des demandes dans différents dialectes."

Et non seulement les traducteurs sont peu nombreux, mais le dernier défi est d'en trouver des qualifiés. "áa ne fait que deux ans que le programme de traduction et interprétation existe au Nunavut Arctic College," révèle Raval. Les traducteurs actuels n'ont donc jamais vraiment été officiellement formés.

"De plus, si on veut donner des formations sur place, on rencontre le problème de la distance et du coªt élevé du transport et de la vie dans le Nord," ajoute-t-il. "C'est difficile de rassembler tous les traducteurs un seul endroit. Quant utiliser l'Internet, il n'est pas accessible partout."

Avec l'aide d'AGLU, Parenty Reitmeier a finalement trouvé environ 25 traducteurs pigistes en langues du Nord. "On a eu des contrats de traduction dès décembre 2011," conclut Raval. "Pour nous, c'est un marché potentiel de plusieurs millions de $."

Pour l'heure, Parenty Reitmeier travaille avec les régions Kivalliq et Qikiqtaaluk, mais la firme vise aussi la dernière région du Nunavut, Kitimeot.

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Republished from the Winnipeg Free Press print edition December 1, 2012 J12

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