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Des pinceaux contre le traumatisme

Briand-Nelson Mutima combat le traumatisme de la guerre par la peinture

À 18 ans, Briand-Nelson Mutima a déjà acquis une grande expérience dans le domaine de la peinture. L'élève de 12e année au Collège Louis-Riel (CLR), originaire de la République démocratique du Congo, dessine depuis qu'il a cinq ans et peint depuis qu'il en a 12.

Il a d'abord travaillé la gouache, avant d'apprendre l'art de l'acrylique, la peinture à l'huile et l'aquarelle.

La passion de Briand-Nelson Mutima pour la peinture est liée de près avec sa vie. Les pinceaux et les crayons l'ont notamment aidé à surmonter son bégaiement, car ça lui permettait de s'exprimer et de se faire des amis, mais ils lui ont surtout permis de surmonter des traumatismes.

"Je fais partie de la troisième génération de gens ayant vécu la guerre au Congo," raconte-t-il. "Ma famille a dû fuir au Cameroun où j'ai vécu 11 ans avant de venir au Canada. Ma mère m'a dit que quand on est arrivés au Cameroun, j'étais traumatisé par la guerre et que mes premiers dessins étaient toujours des soldats avec des armes. Aujourd'hui encore, il y a toujours un signe de souffrance dans la plupart de mes tableaux."

Le jeune artiste ne dessine toutefois plus de soldats. Il s'est plutôt spécialisé dans les portraits, mais aussi les paysages ou encore les peintures thématiques.

"Ce que je peins est très réaliste et symbolique," affirme-t-il. "Par exemple, je prends un thème comme 'le passage' et je le représente sous la forme du passage de l'eau avec une cascade, du passage du temps avec différentes générations, et du voyage du temps avec un oiseau, le tout dans un même tableau."

Il précise que son inspiration est la simplicité.

"Quand je fais un tableau, j'essaie toujours de dessiner quelque chose de simple mais à laquelle personne n'aurait pensé, quelque chose de trop simple," indique Briand-Nelson Mutima. "Je m'inspire aussi parfois de thèmes d'actualité."

Briand-Nelson Mutima a déjà eu l'opportunité d'exposer son travail, notamment au Centre culturel franco-manitobain (CCFM) en octobre dernier et lors du gala de l'Amicale multiculturelle du Manitoba en mai 2011, ainsi que de faire des portraits rapides des passants sur le pont Provencher pendant l'été.

L'artiste a aussi vendu certaines de ses ìuvres, "avant tout pour me payer mon matériel de peinture, et non pour faire du profit," précise-t-il.

Cependant, il n'envisage pas de suivre des études en arts, ni d'en faire sa carrière principale. "La peinture est importante pour moi et je veux continuer pratiquer pour ne pas perdre la main, mais je ferai ça comme une profession secondaire," affirme Briand-Nelson Mutima.

"Si je suis des cours techniques de peinture pour obtenir un diplôme, j'ai peur que ça perturbe mon style."

À part une formation en arts suivie pendant six ans au Cameroun, de 11 à 16 ans, le jeune artiste n'a en effet jamais pris de leçons de peinture ou de dessin. Il s'est initié tout seul, "en m'exerçant à reproduire des objets et des dessins animés, et en observant des artistes peintres amis de ma mère," raconte Briand-Nelson Mutima.

"Au Cameroun, quand tu apprends l'art de peindre, tu apprends être maître de ton travail et à te débrouiller," conclut-il. "Le professeur ne t'aide pas vraiment. Ici au Canada, quand on peint et qu'on a un problème, le professeur t'indique tout de suite la technique dont tu as besoin. Ce sont deux approches très différentes."

presse2@la-liberte.mb.ca

Republished from the Winnipeg Free Press print edition February 4, 2012 J16

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Updated on Saturday, February 4, 2012 at 11:54 AM CST: Corrects missing/incorrect French characters

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