Toute une tête!
Leomark Dookeran, un francophone originaire de Montréal, est l'un des rares perruquiers du Canada
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Hey there, time traveller!
This article was published 04/10/2014 (4339 days ago), so information in it may no longer be current.
“J’aime travailler avec les cheveux, j’aime créer, j’aime coiffer, j’aime l’art,” confie Leomark Dookeran. C’est la conception des costumes, des perruques et des maquillages qui pour moi a toujours été fascinante.
Originaire de Montréal et installé Winnipeg depuis près d’une dizaine d’années, Leomark Dookeran est avant tout un coiffeur. Mais ce qui le distingue de tous les autres de sa profession est qu’il réalise aussi des perruques.
Riche d’une trentaine d’années d’expérience, les mèches n’ont plus beaucoup de secret pour Leomark Dookeran. Dans son atelier, on en retrouve partout, de toutes les couleurs et de différentes textures. Parmi elles, plusieurs se rapprochent étrangement de vrais cheveux.
“Toute ma fabrication se fait surtout avec de vraies mèches de cheveux,” confie-t-il.
Et pour pouvoir s’approvisionner, Leomark Dookeran se réfère différents marchés, mais surtout, “mes mèches viennent surtout de l’Angleterre et de l’Allemagne,” affirme-t-il.
Depuis l’¢ge de 17 ans, le perruquier désormais installé Winnipeg a travaillé pour de grosses productions un peu partout au Canada et même dans d’autres pays travers le monde.
“Le fait d’être perruquier, ça m’a permis de voyager,” souligne-t-il. “J’ai même fait des perruques pour une production en Corée du Sud.”
Par ailleurs, plusieurs coiffures des productions du Ballet Royal de Winnipeg, du Cirque de soleil et bien d’autres portent sa signature.
“Présentement, je travaille pour le Ballet Royal de Winnipeg,” confie-t-il. “Je vais faire une perruque pour eux pour un r¥le dans Casse-noisette. “Et d’ici la fin de l’hiver, on va travailler sur Les Misérables. Je vais faire toutes les perruques pour cette production.”
Et déj, d’autres commandes attendent pour le reste de la saison. “Ça va être beaucoup!” lance-t-il.
“J’ai faire au moins entre 50 et 80 perruques par production,” poursuit Leomark Dookeran. “Mais c’est un travail passionnant, car chaque projet est différent et chaque projet vous apporte une certaine recherche, une direction artistique.”
Toutefois, cette passion, il la vit quasiment seul, enfermé dans son atelier parce qu’il y a très peu de professionnels dans ce domaine et encore moins de personnes qui s’y intéressent.
“Je pense qu’on doit être cinq ou six perruquiers au Canada,” compte-t-il.
“N’est pas perruquier qui veut,” renchérit Leomark Dookeran. “Ce travail demande beaucoup de passion, de concentration et de patience.”
Car, le perruquier travaille de façon minutieuse pour créer une tête, et pas n’importe laquelle.
“Ça dépend de la production,” souligne Leomark Dookeran. “Tu dois penser la pièce qui va être jouée donc ça demande d’avoir une certaine connaissance de la pièce et du rôle des acteurs avant toute chose.”
Passer la première étape, celle de la création de concept de la perruque est tout aussi importante.
“C’est seulement quand le concept est fait qu’on passe la fabrication de la perruque,” explique Leomark Dookeran.
Le secret d’un perruquier se trouve dans “la technique et la patience”, souligne-t-il. Muni d’une loupe, le perruquier enfile pendant de longues heures chacune des mèches qui formeront ensuite la perruque que portera le comédien pour avoir une tête bien faite, mais surtout une tête qui vaut cher. “Pour une perruque, c’est entre $4 000 et 5 000,” calcule Leomark Dookeran. “Ça coûte cher.”
Par ailleurs, le perruquier n’a pas abandonné son premier amour qu’est la coiffure. Quand la saison est calme au niveau théâtral, il s’occupe coiffer ses clients.
— de La Liberte pour le Winnipeg Free Press